![]() |
|||||||
Magazine de remise en cause des stéréotypes sexuels |
Jeux interactifs![]() |
||||||
| A la Une | Société | Economie | International | Culture | Infos Pratiques | Définitions | Actions |
ReportageMaman t’aime, et papa aussiChaque jour au Royaume-Uni, plus de cent enfants perdent contact (de manière totale ou partielle) avec leur pères, résultat d’ordonnances juridiques suivant des divorces et des séparations de couples. Cette injustice est vivement dénoncée par l’organisation Fathers4Justice (des pères pour la justice). Cette association internationale dénonce un système judiciaire donnant systématiquement les gardes d’enfants aux mères, poussant de facto pères et grands-parents aux confins d’une parentalité dite ‘normale’ ou ‘suivie’. Ainsi, Fathers4Justice demande une équité parfaite dans le domaine du Droit familial. Et cependant... Par Jessica Reed Le but initial de Fathers 4 Justice était simple: faire connaître leur cause en entamant un jeu de chat et souris avec les médias anglais. Matt O’Connor, leader du mouvement, voulait voir ses positions et convictions relayées par les journaux et télévisions. Père de deux enfants et en instance de divorce, il luttait alors pour obtenir le droit de voir ses enfants (âgés à l’époque de 7 et 9 ans) plus d’une fois par semaine dans les meilleures conditions possible. Il décida alors de fonder une organisation dédiée à cette très juste requête: après tout, si les femmes demandent plus d’égalité au travail et dans la sphère publique, les hommes ne devraient-ils pas obtenir plus d’égalité quant aux droits qui devraient leurs être alloués dans la sphère privée? Le domaine de la ‘maison’ n’étant plus un strictement réservé à la femme – mais un lieu ou l’homme devrait théoriquement participer et aider, et où les tâches seraient distribuées de façon égale-, l’homme devrait alors avoir son mot à dire quant à l’avenir de ces propres enfants, et faire valoir les mêmes droits que son (ex)-partenaire. O’Connor et ses acolytes décidèrent de mener une guérilla urbaine de ‘flash mouvements’: des actions courtes à grand potentiel médiatique (on se souviendra ici pour référence le Zap d’Act Up, où un préservatif géant avait été posé par des activistes sur l’Obélisque à Paris). Dès 2003, deux militants de F4J ont escaladé les murs de la Cour de Justice de Londres armés de pancartes bariolées chargées de slogans revendicateurs. Ils furent suivis dans leur mouvement neuf jours plus tard lorsque David Chick, 36 ans, escalada un pilier d’une centaine de mètres de haut près de Tower Hill, au sein de la capitale britannique. L’incident avait reçu une couverture médiatique sans précèdent, qui servit grandement la cause des ‘pères en détresse’. Peu après, des branches similaires à ‘F4J Royaume-Uni’ furent successivement créées au Canada, en Hollande, puis en Italie. Une fin brutale et inattendueLe mouvement atteint son paroxysme en 2004, lorsque l’intrépide Jason Hatch réussit à détourner l’attention des services de sécurité de la Reine, et escalada la façade de Buckingham Palace…tout ceci déguisé en Batman. Il resta cinq heures sur les balcons du palais royal avant d’en être délogé manu militari. Ces actes de désobéissance civile pacifiste se sont multipliés, fleurissant au Canada -et plus particulièrement au Québec- où des dizaines de pères n'ayant pas peur du vide se sont précipités pour escalader ponts, grues et monuments, portant des costumes de super- héros et en clamant haut et fort leur droit à une paternité non entravée par des décisions juridiques biaisées. En Mai 2005, tout changea lorsque Matt O’Connor signa un accord de paix entre F4J et l’organisation gouvernementale oeuvrant pour le placement d’enfants de parents divorcés. Des divisions au sein de l’organisation se sont alors effectuées, un certain nombre de militants voyant dans la retraite et la signature d’O’Connor un symbole de lâcheté, et un manque de fermeté dans ces convictions citoyennes. Les événements se sont précipités, et en automne 2005 un groupuscule extrémiste de F4J émis l’idée de kidnapper Léo Blair -fils du premier ministre Tony Blair- afin de mener une action ‘choc’ qui marquerait l’opinion publique. O’Connor décida alors de dissoudre son organisation, ne voulant pas qu’aucun amalgame soit fait entre un acte d’une telle ampleur et la cause pour laquelle il se battait. Cependant, s’il est fier du travail accompli par l’association depuis 2002, il tient toujours à souligner que le système judiciaire est fortement biaisé en faveur des mères, et que les jeunes enfants et adolescents qui grandissent sans présence de ses deux parents sont plus enclins à plonger dans une ‘spirale de l’échec’ ou se mêlent drogues, abus de substances, problèmes scolaires et psychologiques. Fathers 4 Justice Royaume Uni a inspiré la formation d’un clône trans-atlantique: une branche canadienne se forma en 2003 et mène depuis des actions similaires. F4J Canada ne s’est en effet pas dissolue avec la mort de son organisation mère, au contraire: le réseau est extrêmement actif – faisant même preuve d’une férocité surprenante. Chez Fathers 4 Justice Québec, le ton change de manière radicale: on ne parle plus de recherche d’égalité et de parité entre hommes, femmes, pères et mères. A contrario, les militants de l’association font preuve d’une méfiance déconcertante à l’égard des femmes, les écartant de leur lutte. Alors qu’elles pouvaient faire partie intégrante de l’association anglaise (O’Connor ayant même remarqué qu’elles étaient des plus engagées et revendicatrices), elles y sont strictement exclues au Canada. Un regard rapide sur le site Québécois permet de trouver quelques remarques qu’un aficionado des luttes pour l’égalité entre sexes pourrait trouver des plus choquantes: on passe de lamentations telles que ‘Le nazisme est revenu grâce aux féministes!' à l'affirmation douteuse que de nombreuses femmes mentent aux autorités lorsqu'elles soutiennent avoir été battues et maltraitées par leurs maris, et ceci dans le seul but d'obtenir la garde de leurs enfants. En utilisant de manière efficace, intelligente et drôle la provocation et la parodie afin d’attirer l’attention des médias, le combat de Fathers 4 Justice Québec aurait pu être exemplaire. Malheureusement, on semble ici tomber dans un schéma masculiniste ignorant avec bonheur et nonchalance des réalités plus dures, ayant peu à voir avec le droit garde d'enfants. Les parents méritent-ils cependant plus de droits?Selon les derniers chiffres émis publiquement au Royaume Uni, seulement 12,5 % des parents versent régulièrement leurs pensions alimentaires mensuelles qu’ils se doivent de donner à leur ex-partenaire pour leurs enfants – ce sont des versements calculés en proportion de leur salaire et de leurs moyens et de ce qu’il est raisonnable de demander en tant que contribution parentale. Nombres de mères ayant à charge leurs enfants se retrouvent ainsi dans une situation financière alarmante, tant et si bien qu’une association nommée Voices4mothers serait en train de se former – elle viserait à ‘lobbyer’ les différents ministres du gouvernement britannique afin que les pères ne participant pas financièrement à l’éducation de leurs enfants soient publiquement pointés du doigt comme parents indignes. Se pose donc ici la question de responsabilité parentale, bien avant celle du ‘droit à la garde de l’enfant’. Les deux sont des questions d’intérêt publique, et le bien fondé de ces problèmes est évident. On ne peut cependant s’empêcher de souhaiter qu’enfin droit de garde et devoir de contribution financière soient considérés comme une bataille commune aux deux sexes, ou responsabilités et amour sont partagés de façon adulte. Avril 2006 |
Sommaire SociétéLa coupe menstruelle libère les femmes Violences socio-économiques faites aux femmes : état des lieux Le retour du Macho Qu’avez vous fait des violences sexuelles? Barbie et Action Man Femmes migrantes séropositives : la triple peine Protégeons L Transsexquoi? Complexe de supériorité Le ‘ré-enfantement’ du monde Il faut voir comme on nous parle Chirurgie dé-constructive de beauté Dove, ou l’exploitation du ‘être-femme’ Maman t’aime, et papa aussi Les hommes dans les vestiaires... L’autre prostitution Football et amateurs de femmes : je ne veux pas vous gâcher la fête mais… |
||||||
| Contacts | Qui sommes nous ? | Plan du site | |||||