Titre: Magazine de remise en cause des stéréotypes sexuels

Magazine de remise en cause des stéréotypes sexuels

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Si la place faite à la sexualité des hétéros, ou même des gays est grande dans nos représentations, la sexualité des lesbiennes évoque rarement autre chose au grand public que de chastes caresses d’un côté, ou des étreintes destinées à exciter des hommes de l’autre côté…La sexualité en-dehors de toute pénétration par un phallus ou qui s’émanciperait de la satisfaction du plaisir d’un homme ne serait pas de la sexualité…?? Et pourtant si, des femmes font bien du sexe avec d’autres femmes, n’en déplaisent aux tenants de l’ordre hétéro-patriarcal!

L'invisibilité des lesbiennes et de leur sexualité sont des facteurs de lesbophobie. Ces raisons font qu'on pense de ces femmes, et qu'elles peuvent se penser protégées des Infections Sexuellement Transmissibles et du VIH (virus pouvant déclencher le SIDA)... bien sûr c'est faux!

Par Lydie Porée

"SIDA et VIH: un risque moins sexuel que social"

C’est ainsi que les auteures de Gouixx, "de réduction des risques en direction des gouines et de celles qui font du sexe avec des femmes" (1) parlent des risques qu’ont les lesbiennes de se contaminer au VIH. En l’état actuel de le recherche on sait peu de choses sur d’éventuelles contaminations au VIH par relations sexuelles entre femmes…Mais les difficultés à vivre notre sexualité de lesbiennes, que ce soit par ", raisons sexuelles ou économiques ou encore par pression à l’hétéronormalité (1)) font que nous nous mettons parfois en danger en ayant des relations sexuelles non protégées avec des hommes: c’est dans ce cadre que les contaminations au VIH et autres IST (Infections Sexuellement transmissibles) ont lieu.

Et les Infections Sexuellement Transmissibles?

Les femmes qui font l'amour avec d'autres femmes sont le plus souvent exclues des recherches sur la santé. Mais, par exemple, des recherches de la Lesbian-Bisexual Womens's Health Study (Recherche sur la santé des femmes lesbiennes et bisexuelles) de l'université de Washington ont mis en lumière le problème de la transmission des IST de femme à femme.

Parmi les plus fréquentes, on peut citer la vaginose bactérienne, qui se transmet de femme à femme à une telle fréquence qu'on la qualifie de "IST lesbienne". Des chercheuses pensent que la chlamydia et la gonorrhée peuvent être transmises par les mains ou par un gadget sexuel. Le papillomavirus, responsable de 99% des cancers de l'utérus peut se transmettre de femme à femme (par contact de la région affectée de sa partenaire puis contact avec ses propres parties génitales, comme pour la trichomonase), même chez les femmes qui n'ont jamais eu de rapports hétérosexuels. Quant à l'herpès, il peut se transmettre d'une muqueuse à l'autre : de vulve à bouche et de bouche à vulve.

Se protéger, protéger ses partenaires et prendre soin de sa santé

Chacune est responsable de sa santé. Voici quelques indications de pratiques "safe" :
- pour le sexe buccal : munissez vous de digues dentaires (carré de latex) ou de pellicule moulante de cuisine. Déposez une goutte de lubrifiant du côté de la digue qui entre en contact avec les organes génitaux.
- pour la pénétration avec doigt(s) ou main: portez un gant lors de la pénétration vaginale ou anale et changez de gant lorsque vous passez de l'anus au vagin ou avant de vous toucher.
- Habillez vos gadgets d'un préservatif et lavez avec soin vos accessoires (avec un savon anti-bactérien) de manière générale, et encore plus si vous les partagez.
- utilisez un lubrifiant à base d'eau

Beaucoup de lesbiennes ne se sentent pas concernées par le fait d’aller voir un-e gynécologue..ou quand elles franchissent la porte d’un cabinet c’est souvent pour s’entendre dire par le-la praticien-ne qu’au vu de leur soi-disant absence de sexualité (c’est-à-dire non pénétration par un phallus) elles n’ont rien à attendre de lui-elle! Prendre soin de soi c’est aussi se faire suivre par un-e gynécologue, passer chaque année un examen gynécologique avec un frottis, un examen pelvien (du vagin) et un examen des seins. De trop nombreuses lesbiennes souffrent et meurent de cancer du col de l’utérus ou du sein détectés trop tard.

"Etre informées, c’est acquérir du pouvoir et de l’autonomie, c’est permettre de faire des choix" (1)

Pour mettre fin à la sous-information des lesbiennes en matière de prévention des IST, aujourd'hui des femmes se mobilisent pour sensibiliser les lesbiennes, les bisexuelles et les femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes sur les pratiques sexuelles "safe" et sur la santé gynécologique. Ainsi la commission Prévenons-nous (2) du Centre Gay Lesbien Bi Trans (CGLBT) de Rennes (3) se réunit tous les 2ème jeudi du mois au CGLBT. Les rencontres en lieu en non-mixité et sont l'occasion pour les femmes d'échanger, de parler de leur sexualité, de leurs pratiques, de santé et d'élaborer ensemble une politique de diffusion de l'information déjà existante sur Rennes. Le groupe est ouvert à toutes.


(1) Gouixx. Pour commander la brochure par mail: gouixx@poivron.org
(2) Prévenons-nous: prevenonsnous@yahoo.fr
Centre Gay Lesbien Bi Trans de Rennes 23, rue d’aiguillon 35000 Rennes

Juin 2006


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