Titre: Magazine de remise en cause des stéréotypes sexuels

Magazine de remise en cause des stéréotypes sexuels

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Reportage

Revolt She Said!

"Revolt She Said!" réunit 15 artistes autour d'une exposition conceptuelle abordant le féminisme de manière constructive et à travers l'Art. Cet événement culturel s'inspire de femmes artistes de Los Angeles - et bientôt de Rennes. Concept de Donatella Bernardi et Kirsten Dufour.

Par Yanna Robert Kowaleska

Ce qui attire d’emblée lorsque l’on pénètre dans la salle principale, c’est cette phrase en néon rouge qui gifle notre regard." quand je serai grande, je serais femme objet". Les murs, d’un blanc virginal, tranchent et renforcent le message de ces œuvres d’Arts insolentes:‘Chatte’, ‘tigresse’, ‘dinde’, autant de mots à forte portée symbolique qui se retrouvent vidés de sens lorsqu’ils sont simplement affichés sans contexte.

"Let us speak now" apporte un sérieux enrichissement sur l’étude de l’Art et du féminisme. C’est une recherche en constante évolution, une exposition mobile cherchant son inspiration aux quatre coins du monde. C’est une série d’interviews qui a débuté à Los Angeles puis s’est naturellement développé, l’idée étant d’attirer les artistes femmes de Rennes à s’exprimer sur la représentation du féminisme dans l’art depuis 1970 après avoir recueilli les opinions d’Américaines et d’Arméniennes. C’est donc une étude qui ne repose pas sur ses acquis, et ne limite pas à un seul pays. Une interrogation solide s’en dégage:"pouvons-nous faire pour éviter que le terme ‘art féministe’ ne soit employé pour ghettoiser l’art, et comment mettre en évidence le fait que toute forme d’art a une dimension politique?".

Le duo Duval/Jourdain - les deux commissaires de l’exposition - ajoute un certain piquant à cette exposition relativement théorique. Elles s’expliquent sur les diverses productions: "On voulait détourner les codes de la pornographie, système de représentation qui a été créé et codifié par les hommes".

Petit plus, car tous les hommes ne manquent pas de subtilité: David Bailey, photographe du swinging London, considérait la photo comme un acte sexuel, où l’objectif serait le pénis. Une sculpture qui pourrait résumer cette, ce serait l’escarpin rouge très pin-up, qui fait du penis un totem en le transformant en talon. La femme peut enfin se lover dans ses escarpins "écrase mecs". C’est pourquoi on demande de l’art dans le féminisme, on en redemande encore et en corps.

Février 2006


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