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Magazine de remise en cause des stéréotypes sexuels |
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OpinionLe retour du machoOn le sentait un peu venir. Réveillé par la vague métrosexuelle d’il y a 2-3 ans, préfiguré par le concept d’übersexuel (dont Georges Clooney aurait été le représentant), le mâle dans tout son cliché machiste revient sur le devant de la scène. Revue de " tendance ». Par Boris Venon Il semblerait que la rue soit de nouveau le théâtre d’approches masculines maladroites et assez peu agréables pour les représentantes du sexe dit " faible ". Le style macho refait son comeback (mais a-t-il jamais diminué ?) et, fait plus inquiétant, se banalise. Ainsi, reluquer allégrement une fille ou l’aborder frontalement en lui laissant le moins de marge de manoeuvre possible ne suscitent guère plus que les mous amusées de passants ayant l’air de se dire " tiens, encore une qui vient de se faire coincer". Il ne s’agit pas ici de prêcher pour un retour de l’ordre moral et des " conduites appropriées ". Mais de constater que tout se passe comme si l’expression directe et publique de la domination (ou du sentiment de domination) masculine retrouvaient grâce auprès de nos concitoyens après les différents effets de mode qui avaient conduit l’homme à explorer son côté féminin. Certaines avaient demandé le retour du macho devant le côté " je bande mou " de la nouvelle génération. Eh bien Mesdames, vous êtes servies, et comment ! Ce renversement de tendance suit aussi plusieurs intellectuels tels que David Abiker, auteur de Le déclin de l’empire masculin (2005), ou bien encore Eric Zemmour, auteur de Le Premier sexe (2006), qui ont pu connaître un certain succès dans les médias grâce à leurs brûlots prodifférentialistes. " L’homme et la femme, c’est différent et il vaudrait mieux que ça le reste " trouve donc un certain écho. Au passage, il s’agirait peut-être de rappeler que plusieurs études sérieuses témoignent du fait qu’environ 4% des enfants nés chaque année sont intersexuels, c’est-à-dire que ces bébés ne sont pas directement identifiables comme garçon ou fille mais possèdent des caractères physiques des deux sexes. Largement tabou, ce sujet est socialement régulé par la réassignation forcée de chacun de ces enfants à un sexe particulier. Il est ainsi fort possible que nos actuels machos n’aient pas toujours été les mâles qu’ils croient être grâce à leur anatomie... Outre ce retour visuellement observable de tendances sociales machistes, plusieurs éléments de fond viennent nous prouver que ce retour n’est que la surface d’un mouvement beaucoup plus profond. La figure d’un " néomacho " apparaît ainsi, comme la sociologue Christine Castelain-Meunier nous l’annonçait déjà dans son ouvrage La Place des hommes et les métamorphoses de la famille en 2004. Celui-ci serait ainsi la dernière figure d’un machisme n’arrivant pas (di)gérer l’héritage de la libération de la femme et se réfugiant dans la réaction, plutôt que d’accompagner le mouvement. Pour la simple et bonne raison que c’est plus confortable de se réfugier dans les anciens cadres cognitifs, plutôt que de devenir la génération en ayant inventé de nouveaux et ayant ainsi permis la révolution de la relation hommes-femmes. Au-delà de ce néomachisme latent, finalement assez récent, d’autres types de machisme plus " historiques " subsistent, voire se développent et il s’agit donc d’y être particulièrement attentif. Ainsi, André Rauch, Professeur spécialiste du masculin, en décrit deux autres dans une interview lors de l’émission " On n’est pas que des parents " sur France 5 : " Le premier type [de machisme] concerne ceux qui tirent leur machisme d’une religion (catholique, musulmane ou juive). Leur identité masculine est déterminée par ce qu’un dogme ou une doctrine leur demande d’intégrer. Ils font comme leur père leur a appris. À cette catégorie sont associables des machismes tout aussi structurels qui ne tiennent pas à une doctrine mais à un corps de métier (bouchers, dockers, policiers…). Le machisme s’y apprend comme les gestes de la corporation à laquelle on se rattache. Dans cette catégorie, on paye cher les transgressions aux codes de la masculinité traditionnelle. L’insulte guette l’homme qui s’écarterait de ces standards.
Le combat pour l’égalité hommes-femmes ne passe pas seulement par la parité et l’image de la femme auprès des hommes et auprès d’elles-mêmes. Comme pour une relation de couple (hétéro en tout cas), c’est un travail à deux qui doit s’engager. Les hommes ont leur part à accomplir pour une véritable égalité, qui ne soit pas seulement de papier. Le 12 octobre 2007 |
Sommaire SociétéLa coupe menstruelle libère les femmes Violences socio-économiques faites aux femmes : état des lieux Le retour du Macho Qu’avez vous fait des violences sexuelles? Barbie et Action Man Femmes migrantes séropositives : la triple peine Protégeons L Transsexquoi? Complexe de supériorité Le ‘ré-enfantement’ du monde Il faut voir comme on nous parle Chirurgie dé-constructive de beauté Dove, ou l’exploitation du ‘être-femme’ Maman t’aime, et papa aussi Les hommes dans les vestiaires... L’autre prostitution Football et amateurs de femmes : je ne veux pas vous gâcher la fête mais… |
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